Ce que j'ai fait avec elle :
Je l'ai récupéré non débourrée montée en décembre 2006. Nous avons travaillé tout l'hiver à pied et en longe. C'était une jument très craintive de l'homme, un peu gauche et irrespectueuse, je pense plus par peur que par méchanceté. Mon travail s'est surtout axé sur une désensibilisation. Je suis montée pour la première fois en mars et nous avons enchaîné tout l'été grandes ballades et randonnées d'une journée.
Ce que je fais en ce moment :
J'essaie pendant l'hiver de la travailler en carrière 1 fois par semaine afin de l'assouplir et de développer sa musculature :
- Elle est longée en gogue mais avec toujours une petite rallonge car les débuts ont été très réactifs !
- Montée, elle a un verdun à rouleaux de cuivre. C'est une jument qui a une bonne bouche mais qui est débordante d'énergie depuis cet hiver surtout. Ses réactions sont quelquefois violentes et j'ai depuis le début, mis une martingale pour le galop car elle aurait fini par m'assommer là-haut ! Le travail au pas et au trot s'effectue sur la main sans tirer. Elle commence à bien s'incurver et à déplacer les épaules. Elle galope mais le travail est plus difficile ! Les débuts à l'obstacle sont agréables. Elle aime sauter et enchaîne 3 obstacles au trot.
Quelques indications :
Pâquerette est souvent une jument qui impressionne par son gabarit et serait plus Marguerite que Pâquerette ;-).
Pourtant je la juge pas assez étoffée avec une difficulté certaine à se maintenir en état. Qu'en pensez-vous ?
Cet hiver, nous avons pourtant vu du mieux puisque nous avons réussi à diminuer sa ration de moitié par rapport à 2006-2007. Aujourd'hui elle a une ration matin et soir de 3 litres composés d'un mélange d'orge, de luzerne et de maïs floconné (calcul maison selon MADC et UFC ...). J'ajoute au coeur de l'hiver 25 ml. d'huile de colza et elle a toujours un complément minéral vitaminé. Elle vit en pâture avec abri et du foin à volonté. C'est une jument complètement dominée par mon anglo de 18 ans et je suis obligée de la séparer pour manger. De ce fait, j'ai aussi l'impression de diminuer son stress .
Aujourd'hui j'ai vraiment besoin de pistes (monté et longé sur le plat et sur l'obstacle) pour travailler cette jument dans le bon sens c'est-à-dire :
- pour développer sa musculature en fonction de ses points faibles (???),
- pour l'assouplir,
- pour l'amener à moins charger les épaules et mobiliser ses hanches,
- pour favoriser les descentes d'encolure plutôt que le placer et la flexion de nuque,
- pour favoriser progressivement un galop rassemblé (lorsqu'elle galope en forêt, les cavaliers devant se retourne car on dirait un char d'assaut qui déboule !!!).
Merci d'avance de votre aide.
- Novembre 2006 :

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- Novembre 2007 :
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Réponse : Votre approche avec Pâquerette lors de son acquisition a été empreint de bon sens. En effet, les trotteurs sortant d'entrainement ont besoin de décompresser tout autant que de reprendre confiance en eux et les humains. Ne pas la presser et ne pas avoir d'exigences physiques ont déjà dû bien la changer d'un entraînement aux courses dans lequel elle ne fut certainement pas "assez bonne" pour aller jusqu'aux qualifications...
Cependant, il serait certainement utile d'aller plus loin en la faisant examiner par un ostéo. En effet, la très grande majorité des chevaux ayant subi cet entraînement ne s'en sorte pas indemne. Il y a les problèmes de comportement qu'on appréhende assez vite, mais, également, des problèmes structurels et locomoteurs causés, notamment, par les attitudes "contre-nature" exigées. Si on y rajoute le fait que vous ayez du mal à la garder en état, il est probable qu'elle ait, au moins, une bascule du bassin, ce qui est un grand classique pour ce type de chevaux. L'alimentation que vous lui donnez semble adapté, mais si vous la faites manipuler et si vous lui donnez un drainage hépatique (laboratoire Boiron), vous devriez voir du changement sur sa condition générale.
Néamoins sur les photos, on voir une nette évolution de son état corporel entre l'hiver 2006/2007 et celui 2007/2008 (plus de rondeurs, poils moins piqués, etc...), même si c'est effectivement encore un peu limite. En ce qui concerne les repas, la séparer pour la mettre au calme ne peut être que positif pour qu'elle puisse manger plus lentement et profiter davantage de ses rations.
Pour en revenir à son modèle, elle fait partie des trotteurs à petit gabarit : dos court, mais rein un peu long et étroit, encolure et croupe d'une longueur et d'une orientation correcte, épaules avec une inclinaison moyenne. Son garrot est guère prononcé et se prolonge peu vers l'arrière. Elle n'est pas très éclatée devant, mais c'est en accord avec son gabarit général. Les aplombs antérieurs semblent corrects, mais les postérieurs ont tendance à être campés, avec des jarrets droits. Ce dernier point est certainement causé, au moins partiellement, par des gênes ostéo-articulaires dans son bassin et sa colonne.
Elle a une jolie tête fine et un regard "particulier" qui
peut, en effet, en inquiéter
certain
Pour en revenir à son entraînement, j'en reviens, avant tout, à un suivi ostéopatique qui pourra certainement régler certains problèmes qui sont causés plus par des gênes et des douleurs que par de la mauvaise volonté. Une fois que les bases sont ainsi assainies en suivant à la lettre les recommandations de l'ostéo pour la consolidation post-manipulation qui est, au moins, aussi importante que la manipulation en elle-même.
Comme vous l'avez vous-même constater le travail en longe est primordial. Pour l'aider à s'organiser, le gogue est une bonne solution, mais vous pouvez également utiliser une rêne fixe externe :
- La rêne fixe est fixée sur l'anneau externe du mors et sur un anneau externe du surfaix. Moins le cheval est musclé, plus l'anneau d'attache choisi est bas.
- Le mousqueton de la longe est passée dans l'anneau interne du mors puis attachée à un anneau interne du surfaix. L'anneau d'attache de la longe doit être supérieur à celui de la rêne fixe.
- Cet enrênement a l'avantage notamment de s'approcher des aides utilisées lors de l'entraînement monté.
Pour l'apprentissage et le perfectionnement du galop, la longe est un atout indéniable. Il est important de pouvoir bénéficier d'une aire d'évolution dans laquelle le cheval est encadré. Le cheval doit d'abord maîtriser les changements d'allures en privilégiant les allures lentes mais actives. On prépare alors l'équilibre du cheval en effectuant des transitions entre le pas et le trot puis l'arrêt et le trot. Quand le pas est actif, lent et équilibré, le longeur demande le départ au galop quand le cheval se trouve à l'entrée d'une courbe face au mur ou à la palissade. La demande doit s'effectuer par un ordre vocal clair et une indication brève mais prononcée du longeur qui fléchit les genoux, fait un pas vers la pointe des hanches et lève la chambrière vers la pointe du jarret.
Il est normal de n'obtenir, dans un premier temps, que des accélérations du trot. Le longeur doit alors demander immédiatement le retour au calme, en repassant éventuellement au pas. En effet, on demande au cheval de transgresser un interdit pour lequel le cheval a souvent été puni. Dés l'obtention de quelques foulées de galop, le cheval est immédiatement remis au pas et félicité.
Le cavalier ne doit surtout pas brusquer le cheval dans cette étape car elle déterminera toute l'évolution du galop. On augmente petit à petit les temps de galop en privilégiant le retour volontaire au trot et au pas. Dés que le cheval prend le galop du pas par prise d'équilibre, les transitions seront demandées de la même façon du trot. Quand le cheval galope calmement à la longe, on suit le même processus dans l'entraînement monté.
En résumé, la dernière étape sera le galop en extérieur. Le galop sera demandé de préférence dans une montée pour privilégier l'équilibre.
Pour son entraînement général, on est tributaire, dans un 1er temps, du bilan fait avec l'ostéo et qui permettra certainement de décoincer certaines tensions et gênes, qui permettront certainement de gagner en musculation au niveau de sa ligne du dessus.
Pour tout le travail monté et longé, il faut avant tout trouver une cadence-étalon, dans laquelle Pâquerette est en équilibre ; elle est vite réceptive au changement de vitesse et d'allures. Dans cette cadence, plutôt lente, vous pourrez chercher l'impulsion, la tonicité, mais sans qu'elle n'accélère le rythme et ne court après son équilibre. A partir de ces base saines, vous pourrez travailler sur son incurvation : cercles, huit de chiffre, serpentines, spirales,.. En gardant toujours ce tempo à l'esprit ; si elle précipite, c'est qu'elle est en perte d'équilibre.
Si elle tend à s'endormir, il ne faut pas trop la bousculer si elle a tendance à avoir des réactions vives car on obtiendrait de l'excitation, de la fébrilité et non de l'impulsion, du dynamisme. Il faut alors simplement demander des changements d'allures plus fréquents, ne pas rester sur la piste pendant plus d'un tour au grand maximum, lui accorder des pauses plus fréquentes, mais plus courtes et utiliser la voix pour recapter son attention.
A partir de cet équilibre plus sain, vous allez pouvoir ouvrir les doigts et vos épaules pour que votre jument ouvre son angle tête-encolure et monte son garrot pour avoir une tension régulière de la queue à la tête. Le plus facile est de l'obtenir, au pas, à partir de spirales croissantes et d'arc de cercle après une épaule-en-dedans. Quand vous vous sentez au sommet d'une ligne du dessus tendue, avec une jument cadencée, vous pouvez demander des transitions vers le trot sur une courbe, en cherchant à sauter dans une allure dans la cadence-étalon, et non à tomber dedans. Vous garderez vos aides d'incurvation afin que Pâquerette ne cherche pas alors à se contracter et à se creuser.
Pâquerette étant une jument énergique, pouvant avoir des réactions vives, il me paraît indispensable de lui mettre des protections, si elle est ferrée, surtout au travail en longe. Les trotteurs ont tendance à se toucher facilement les antérieurs avec les postérieurs.
Si vous voulez apporter des commentaires, des précisions et/ou des questions, n'hésitez pas à me contacter.
Question : Bonjour,
Je vous remercie pour ces précisions.
Elle vient de voir le dentiste et j''ai les coordonnées d'un éthiopathe. Est-ce que cela convient car je crois qu'il manipule aussi ?
La longe ?
Pour le galop en longe, il est vrai qu'il faut que je reprenne les transitions montantes et surtout descendantes surtout en ce moment du fait de son comportement très chaud et peu à l'écoute. Par contre, qu'est-ce qu'une rene fixe ? Son positionnement extérieure n'aura t-elle pas pour effet de la contre-incurvée alors qu'elle a déjà du mal à se "tendre" sur la longe ? (voir photo nez complètement à l'extérieur et longe flottante difficile à ajuster tendue pour le longeur)
Ce qui est surprenant c'est que Pâquerette galoppe très bien en ballade étant capable de prendre des départs du pas. C'est beaucoup plus difficile en carrière mais il est vrai que le retour au calme lorsque le départ est raté était jusque là abandonné car trop difficile ou long à obtenir en longe. Comment faire d'ailleurs pour la ralentir et la calmer en longe ?
Allure étalon
Je crois par moment trouver cette allure étalon au trot dont vous parlez. Je ne suis pas certaine de l'avoir trouvé en carrière au pas.
Je vais de ce pas travailler encore plus les transitions montantes et descendantes et accentuer au pas le travail sur les tracés dont vous parlez à partir des épaules en dedans.
Mon galop 7 étant très lointain pourrais-je avoir d'autres pistes de travail notamment à l'obstacle monté ou non
- travail avec des barres au sol (disposition, distance, nombre de barres, allures correspondante ...)
-travail enchaînement sur des petites hauteurs au trot (disposition, et espaces entre les barres, nombre d'obstacle)
-elle est jusque là calme devant l'obstacle mais on sent toujours une pression, une envie d'y aller qui j'imagine pourrait virer rapidement en précipitation. Comment se protéger de cette déviance et que faut-il faire ou ne pas faire pour éviter qu'elle chauffe et précipite ?
Quelques rappels simples serait aussi les bienvenus :
-distance moyenne selon la hauteur pour une barre d'appel sur un droit , sur un oxer
-distance entre 2 obstacles pour un saut de puce, un enchaînement à X foulée(s), un double, un triple ...
Merci d'avance de toutes ces précisions.
Réponse : Je ne connais pas les étiopathes et ne peut donc vous conseiller à ce niveau. Cependant, il faut faire attention aux rebouteux en tous genres sans un minimum de formation.
En ce qui concerne l'enrênement en longe, la rêne fixe placée à l'extérieur est un peu comme un élastique, mais en plus fiable. En effet, un élastique s'étire quand le cheval tire et lui donne une secousse dans la bouche quand le cheval cède :

Pour que le cheval s'incurve correctement, il ne faut pas attacher la longe directement sur le mors, mais il faut faire passer la longe dans l'anneau interne du mors puis attacher le mousqueton à un anneau du surfaix (1 trou plus bas que celui du côté externe où est attaché la rêne fixe).
Pour la garder sur le cercle, il faut davantage utiliser la position de votre corps et la chambrière en avançant vers le passage de sangle et en le poussant à cet endroit avec la chambrière (avec l'ordre vocal "à ta place", par exemple).
Pour la ralentir, il faut vous diriger vers ses épaules et l'amener face à un mur ou une barrière assez haute, si possible. Vous pouvez également diminuer son cercle et/ou utiliser la chambrière en la passant au-dessus de votre tête par l'arrière et la placer devant Pâquerette. Si elle galope bien en extérieur, il faut s'en servir et la passer au trot et au pas juste avant qu'elle ne chauffe et/ou ne perde trop l'équilibre en accélérant.
Pour le travail monté, le pas est une allure très importante pour initier et confirmer les apprentissages, ainsi que pour décontracter et assouplir.
Les barres peuvent être au nombre de 4 à 5 pour le travail au trot et 2 à 3 pour le franchissement au galop. Pour les passages au trot, on place les barres de 1,3 à 1,5 m. au trot, en fonction des allures du cheval. Au galop, on espace les barres au sol de 3,5 m. pour une foulée ou de 7 m. pour 2 foulées, à modérer en fonction de l'amplitude.
A l'obstacles, on ne cherche pas des combinaisons, mais à enchaîner des petits obstacles (0,8 à 1 mètre) sans lignes, ni combinaisons, mais sur des courbes larges et simples. Pour la garder au calme, il faut banaliser le passage des obstacles, en variant les allures lors des enchaînements et en sautant de temps à autre un petit obstacle au cours de n'importe quelle séance, comme un jeu et/ou un exercice comme un autre.
Les mesures types pour les combinaisons Les mesures sont prises entre le dernier plan du premier obstacle et le premier plan du second :
* Saut de puce : 3 à 4,5 mètres.
* 1 foulée : 7 à 8 mètres.
* 2 foulées : 10 à 11 mètres.
* 3 foulées : 12 à 15 mètres.
* 4 foulées : 16 à 19 mètres.
* 5 foulées : 20 à 23 mètres.
* 6 foulées : 24 à 26 mètre.
Généralement, la distance entre la barre et l'obstacle sera égale à la hauteur de l'obstacle.
Pâquerette : Vos réponses m'apportent des choses que j'avais vu faire mais que je n'avais essayé de mettre en place seule (l'attache de la longe par exemple). Je vais aussi essayer de trouver des renes fixes afin de vraiment la travailler sur le cercle en longe en affinant aussi mon placement. Merci aussi pour cette petite piqûre de rappel sur le placement des obstacles et les idées pour travailler le calme en toute circonstance.
Merci car très enrichissant.
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